13/02/2013

DES CHIFFRES ET DES LETTRES..PENSION COMPLÈTE OU TOUT INCLUS.


    Accueil et liste des articles


Pension complète ou tout inclus ?

preuve,livre,absurdite,intelligence,goubet,anecdote,geographie,statistique,enseignement,semestre,ridicule,combien,tarifQui à déjà pris ses vacances au travers d’une agence de voyage a déjà écouté ces termes : demi-pension, pension complète, tout inclus etc.  Petites paroles magiques qui définissent les repas auxquels vous avez droit lors de votre séjour. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à la « pension complète » et au « tout inclus ». Ce qui va suivre est ce que j’ai pu observer, il y à moins d’une semaine, pendant un séjour aux Baléares. Pour commencer, vous noterez qu’il ne s’agit pas d’un pays paumé, remplit de sauvages incultes ou analphabètes dont nous excuserions plus facilement la mauvaise « intelligence » dans la gestion. Non, nous sommes en plein cœur de l’Europe. Bref, en entrée nous pourrions déjà observer que les termes en eux-mêmes sont assez proches l’un de l’autre. Il faut déjà faire parti d’une certaine classe d’élus pour  en saisir la différence. Chez le simple des mortels : Complet c’est complet donc « tout inclus ».Pour celui qui est plus aguerri, le premier n’inclut pas les boissons tandis que le deuxième… oui. Mais le problème que je désire souligner dans ce cas précis, et que j’ai vécu, est autre.
Un hôtel de deux ou trois cents chambres, donc entre cinq à six cents touristes, dont une cinquantaine de gamins entre 3 et 10 ans. Afin de différencier qui est qui et qui a droit à quoi, à l’arrivée, la réceptionniste nous remet un bracelet à porter précieusement pendant tout le séjour. Un blanc, pour les « demi-pension », un vert pour les « tout inclus » ou bleu pour les « pension complète ».
Au moment des repas et en l’espace d’une heure, tous se retrouvent au restaurant.
Conséquence de la chaleur, de la plage, des jeux, de la marche tous ont faim et une soif à crever. Surtout les gamins. 
Au buffet tout est à portée de main. Libre service. Tant la nourriture que la boisson. Cette dernière qui plus est, n’est pas en bouteille ni en canette mais en plusieurs distributeurs automatiques ici et là. Détail qui rends impossible au garçon de compter éventuellement les « cadavres » sur les tables tout en identifiant la couleur des bracelets des occupants.
Bref, il vous sera facile d’imaginer, l’incessant va et vient de plusieurs centaines d’affamés et de soiffards assiettes et verres à la main. Il vous sera également facile d’imaginer que les trois ou quatre garçons, chargés de ravitailler les plateaux de nourriture et de débarrasser les tables de leurs assiettes sales, ont d’autres choses à faire. Ils ne veulent pas se prendre la tête à discuter avec la « grosse » allemande, la suédoise encore en bikini, ou le gamin américain pour l’empêcher de se servir du coca sous prétexte que son bracelet n’est pas de la bonne couleur. C’est une situation qui est tout à fait ingérable. Pour régler tout ça, il suffirait de faire rentrer chaque groupe à une heure d’intervalle. Facile à comprendre pour tout être moyennement « intelligent » n’ayant pourtant pas fait des études d’administration d’entreprise.
Le jour du départ et en attendant le bus. Plusieurs dizaines de touristes se retrouvent immanquablement à discuter à la réception. Ceux qui ont payé plus cher pour avoir « tout inclus » se rendent compte que, finalement, ceux qui n’avaient que la pension complète (sans boisson) ont bénéficié des mêmes prestations ! Au retour, immanquable également les remarques désagréables auprès du pauvre type de l’agence qui n’y est absolument pour rien.  Tout cela, parce qu’un royal abruti qui se croyait « gérant » ou « homme d’affaire »  n’est pas capable de penser « intelligemment ».

 


Extrait du livre de Jean Luc Goubet : Les 1001 aberrations de l'intelligence humaine

 

Les commentaires sont fermés.